la première fois

Au début je me suis dit que ce n’était pas pour moi.

J’étais assez lucide

Mes angoisses, mes peurs, mes phobies,

J’en riais, j’en pleurais, j’en vivais,

Elles me nourrissaient

Elles me pourrissaient

Un jour, je me suis retrouvée là

Impossible de faire un pas

Le système m’absorbait

Des images de folies m’emplissaient

J’ai eu peur

Devenir Artaud ne m’amusait plus

Mes combats me mettaient KO

Finie la récrée

J’ai fini par y aller

Mon mal être avait fini par y emmener

Ma puissance n’avait plus de fierté

J’y suis allée

C’était la première fois que je m’allongeais

Devant un homme

Habillée

Un type barbu m’observait

Avec une inquiétante étrangeté

Bah faut dire que moi j’ai toujours eu du mal

Je m’en amusais

J’écrivais :

psychotrope

psychose

syncope

psychosomatique

psychique

mort

psy

psycho

drame

Ouais, tuer ma mère et coucher avec mon père

Ma sexualité refoulée

Mon transfert pas encore opéré

Mes 4-12 ans oubliés

Ouais, ça me faisait chier

OK quand il fallait en parler

Supporter la galerie d’intellectuel

Ouais, t’es plutôt lacanien ou freudien

Ouais moi je parle à mon Baby qui a 52 mois, ouais françoise, elle dit que c’est bien

Et puis, j’ai pris goût à y aller, j’aurais même aimé augmenter la fréquence des confessions.

Moi, moi, moi, moi, mon surmoi, mon contre moi, toi sur moi, moi, moi et encore moi.

Je me disais bien qu’il était un peu narcissique ce type barbu.


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