L’Oeuvre au Noir

“Belle, vous me flattez comme un animal. – Mais vous êtes un animal, la Bête.”

La Bête vient de créer ces pages. Elles sentent encore son haleine. Ses claudications et ses fumées. La Bête m’en livrera tantôt la clé. Alors je serai maîtresse en mon royaume. Il m’appartiendra d’y planter mon jardin, de le laisser en frîche, d’y mener paître mes angoisses ou mes rêves, mes souhaits, mes vérités et mes mensonges. D’y laisser quelques beaux morceaux de moi.

C’est l’instant t, dit la Bête, l’instant le plus important : celui de l’injection du soufre, qui commence l’Oeuvre au Noir, sur quoi l’ensemble des transformations ultérieures repose. Il était donc normal que la Bête fût à l’origine de cet instant.


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